Animes – Aggretsuko

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Le genre du Slice of Life, ou « tranche de vie » chez nous, c’est pas ma came. Généralement, cela touche des histoires un peu trop bourrées de bons sentiments parfois un peu stéréotypés, à la fin forcément heureuse. Par contre, dans le genre des animés drôles, j’ai déjà quelques titres qui m’ont plu : Pop Team Epic, Panty and Stocking…

Quand j’ai vu Aggretsuko pour la première fois, j’ai surtout vu les gifs animés tirés de cette série. Comment aurais-je pu penser que cette adorable panda roux cachait un tel secret, un tel exutoire face à un monde de l’entreprise toxique ? Et surtout, je ne m’attendais pas à apprécier un Slice of Life aussi facilement.

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Retsuko (au milieu) avec deux employés de bureau.

Aggretsuko est né de l’entreprise Sanrio, qui est spécialisée dans des personnages mascotte, qu’ils cèdent a des entreprises. Sanrio est déjà à l’origine de plusieurs personnages bien avant Aggretsuko, disposant tous de ce petit côté adorable et qui se sont vus déclinés en plein de produits dérivés. Même si la majeure partie de leurs mascottes sont connues qu’au japon, on leur doit Hello Kitty, qui fut un succès mondial.

C’est le Studio Fanworks, connus pour des animés généralement comiques ou de Slice of Life, qui se charge de l’adaptation. La majorité de leurs travaux est inconnue en dehors de l’archipel, et c’est une distribution par Netflix depuis le 20 Avril 2018 qui nous a permis de découvrir cette série de 10 épisodes, en sachant qu’un animé existe déjà au Japon depuis 2016, et qu’il fait 100 épisodes, tous diffusés sur TBS.

Dans une interview donnée sur la création de Retsuko, la designer Yeti évoque lors d’une interview pour CNN quelles étaient les notes d’intention derrière le projet. Selon elle, Retsuko visait « les salary men et salary girl qui veulent faire exploser leurs frustrations« , tout en disant qu’ils pourraient « développer de l’empathie pour elle. » Et force est de constater que non seulement ça marche, mais qu’en plus cela n’est pas forcément valable que pour la culture du travail Japonaise.

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Aggretusko raconte donc la vie d’une jeune panda roux nommée Retsuko. 25 ans, célibataire, sa journée se résume à un « metro-boulot-dodo » classique d’une employée de comptabilité dans une société commerciale. C’est sans compter ses ses collègues, que vous apprendrez à adorer, ou à détester de manière viscérale. Et là, tous les stéréotypes y sont : L’attention whore qui expose sa vie sur les réseaux sociaux mais fait la sainte-nitouche au boulot, la stalker hypocrite, la grande bruyante et malaisante qui répand ragots et interventions inutiles, le lèche bottes tête à claques, la responsable toxique et le patron misogyne qui ont tous deux oubliés qu’un jour ils ont été à la place de Retsuko.

Mais heureusement, hors de tout ça, Retsuko peut compter sur de bonnes rencontres, ainsi que sur un lieu « sanctuaire » pour elle : Le Karaoké, où elle s’adonne à sa passion. Pas de chansons pop ou de génériques d’animés, non. Du bon gros death metal. Chanté par un pandaroux que l’on voit 90% du temps comme adorable, et dont les 10% restants montre une femme enragée, qui en à ras-le-bol de sa boîte, de la pression sociale, et qui aspire à une vie meilleure.

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Outre les situations présentées à Retsuko (dons de mariage, séparation du professionnel et du personnel, apparences, rumeurs histoire de bien planter les autres au travail…), l’animé fait très bien son travail, même si l’on regrette que Retsuko n’aille pas jusqu’au bout. Qu’elle n’ait pas l’idée de fracasser leurs gueules sur la photocopieuse, et bon sang j’en aurais eu tellement envie tous les envoyer balader et dire leurs quatre vérités. Pour cela, l’animé remplit bien son rôle de frustration permanente, que certains auront -peut-être- ressenti dans leurs expériences professionnelles passées ou présentes. Car malheureusement, dans une société où nous sommes en compétition permanente avec tout ce que cela implique de coups bas et de bassesses dont sont dignes certains (cf. articles dédiées au Travail sur ce blog), on (re)vit ces situations face à une jeune protagoniste qui n’a rien demandé.

Et c’est ça qui, outre les passages death metal assez drôles où elle expulse toute sa rage (on pourrait parler de corporatecore tellement ses textes sont inspirés et feraient plaisir à France Insoumise) est l’aspect le plus important. Pas de sentiments, mais des situations professionnelles, dans un contexte présent où le travail devient un levier de vie ou de mort pour les personnes, où les chômeurs sont ostracisés aveuglément, où soigner les apparences et agir dans le dos sont (souvent) une norme. Avec parfois même de bons exemples mis en scène.

Et pour ça, ayant vécu parfois les mêmes situations, je ne peux qu’applaudir la pertinence de cette série d’animation. Dommage qu’elle n’aille pas plus loin dans son délire, mais cela fait partie de la frustration de Retsuko, et ce pourquoi elle fut crée. Ce qui est un peu inhumain quand on y pense, mais on n’est plus à ça près dans les milieux professionnels.

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