Comics – Batman : White Knight

Depuis bientôt quatre ans, je me suis mis à lire des comics. Et depuis qu’un proche ami m’a fait commencer par Year One, Killing Joke et Kingdom Come, j’ai commencé à m’intéresser au personnage de Batman. Moi qui n’avais qu’une vision cartoon des comics et qui était en recherche d’un côté sombre et ouvert à la réflexion, je n’ai pas été déçu par certains comics que j’ai lu sur le Chevalier Noir par la suite.

Mais le Dark Knight Returns de Frank Miller nous pose une question, par le personnage du docteur Bartholomew qui voit Batman comme une cause, un homme fou qui par son action agit comme une « terreur », un « croque-mitaine » qui sert au final la criminalité qui s’en inspire. Le comics Arkham Asylum, dans ses premières pages, nous montre un Batman hésitant à aller à l’Asile d’Arkham car « il aurait peur de se sentir chez lui. »

C’est en partant de cette idée que Batman White Knight commence. De toute cette lutte entre deux êtres, l’un tiraillé par la mort de sa famille et habité par un esprit de justice impitoyable, l’autre un criminel ayant trouvé en Batman une moitié, une nemesis toujours là pour lui. Que se passerait t’il si ce duo venait à éclater, si Batman était en vérité la cause des soucis de Gotham City ?

Illustrée par Sean Murphy et Matt Hollingsworth, cette histoire s’appécie encore mieux si vous êtes familier avec l’histoire de Bruce Wayne, et que vous avez lu / vu les deux comics cités précédemment. Dans un Gotham où le Joker n’est plus, que le clown fou laisse la place à homme brillant voulant démontrer l’envers du miroir de Gotham, et face à un Batman abandonné et perdu dans une ville qui doute de lui, tout le comics est une perspective intéressante sur le personnage.

Bien évidemment, j’ai prévu de ne rien spoiler. La majeure partie de l’univers de Batman est présent, mais l’intérêt du comics, outre l’histoire, est de véritablement raisonner sur la notion de « héros » quand on parle de Batman. On pense ce que l’on veut du Joker, mais qu’en est il d’un homme brisé qui vit véritablement pour détruire le crime coûte que coûte ? Qu’en est-il de ses croisades nocturnes où il inspire la peur aux criminels ? Qu’en est-il des dommages collatéraux ? Quel est la véritable part de culpabilité et de complicité de la police de Gotham ?

C’est là que réside tout l’intérêt de Batman : White Knight. Tout le concept réside dans cette « inversion » des rôles, où l’homme ayant été le Joker devient une pensée que jamais le lecteur de Batman n’aurait pensé voir émerger avec autant de force. Une pensée qui va retourner Gotham City et vous avec, vous questionner une bonne fois pour toutes sur la relation Joker – Batman ainsi que les véritables conséquences de ce tel justicier. Cette idée qui, tout au long du récit, donnera l’impression que le véritable ennemi de Bruce Wayne n’est autre que soi-même, et que sa lutte avec ses démons intérieurs fait de lui la menace qu’il a toujours voulu combattre…

Et c’est tout simplement brillant. A aucun moment le récit ne perd cette logique pour sombrer dans le « héhé je t’ai eu Batou, j’ai pas changé lol ». Toute l’histoire suit ce point de vue effleuré dans d’autres comics, mais qui forme ici le squelette du récit. Et même si le comics n’est pas avare en très jolis plans, sur le dessin, et sur la colorisation, c’est vraiment fou qu’un truc pareil, partant d’une idée qui semble folle à réaliser de manière crédible et avec un bon final, arrive à réussir sans faute. Un indispensable pour quiconque s’intéresse à la complexité du personnage de Bruce Wayne, et pour quiconque s’est interrogé sur la notion d’héroïsme.


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