Rétrospective – La saga Ratchet and Clank

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Quand Sony cherchait à élargir son audience avec la sortie de la PlayStation 2 en 2001, plusieurs studios travaillant en étroite collaboration avec la marque japonaise en ont profité pour créer de nouvelles licences. L’objectif était de succéder un jour à Spyro et Crash Bandicoot, et peut être créer la mascotte de Sony qui n’a pas réussi jusque-là à obtenir un personnage emblématique comme Nintendo et Mario.

Quand Naughty Dog (Crash Bandicoot) crée Jak and Daxter et Sucker Punch développe Sly Cooper, il existe un troisième studio ayant déjà accouché des Spyro The Dragon qui va lui aussi créer sa licence à mascotte, pour au final rejoindre ce qui sera le triumvirat des héros Sony sur Playstation 2 qui auront chacun droit à au moins 3 jeux. C’est donc des mains d’Insomniac Games que naît Ratchet et Clank, un jeu d’action-plateforme comme les deux autres.

Bien entendu, les trois séries possèdent leurs particularités, mais c’est ce duo qui va attirer notre attention ; à l’instar de Jak et Sly qui croiseront le chemin de Ratchet dans certains jeux (PS All-Star Battle Royale, Playstation Move Heroes..) la licence d’Insomniac Games a su perdurer, avec actuellement 13 jeux (spin-offs compris) et un film d’animation paru en 2016. C’est pourquoi il est temps de regarder l’ensemble des aventures de ces héros certes opposés, mais qui forment un duo diablement efficace.

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Après avoir réalisé la trilogie Spyro le Dragon sur Playstation entre 1998 et 2000, Insomniac désire créer une nouvelle licence pour la future console de Sony, avec en tête de rivaliser avec Tomb Raider et The Legend Of Zelda. C’est deux projets internes abandonnés qui poseront indirectement les bases de leur futur concept : « Girl with a Stick » inspirera avec son bâton et ses capacités évolutives, et un autre projet sans nom dont le héros reptilien accompagné de trois petits robots donneront l’idée par la suite d’un héros agile, humanoïde et animal qui possède un compagnon robot. Ainsi, Ratchet et Clank est né en 2002, avec l’aide de Naughty Dog qui partagera son moteur maison pour Jak and Daxter, sur lequel Insomniac se basera pour créer son moteur personnel pour la suite.

Avec quatre jeux sur Playstation 2, deux jeux sur PSP, 6 jeux sur Playstation 3 et un jeu sur Playstation 4, la licence suit l’évolution des consoles de Sony tout en gardant sa même équipe de développement, à savoir Ted Price en directeur, Daniel Brooke et Brian Hastings en producteurs et même Mark Cerny en consultant conception quand celui-ci n’est pas déjà affairé comme lead architect sur les consoles Sony.

Pour la bande son, Ratchet and Clank fait appel à David Bergeaud, un compositeur français qui s’est distingué sur toute la série, le premier volet des Resistance aussi né chez Insomniac Games, et également quelques projets pour lesquels il a apporté une contribution (Terre 2 de Steven Spielberg). Même s’il n’a pas fait d’autres projets majeurs en dehors de Ratchet et Clank, il livre pour la série des morceaux qui tendent à être inégaux dans les épisodes Playstation 3, mais également de très bonnes bandes son pour les épisodes Playstation 2, dans un mélange d’influences électro, cartoon, science fiction et films de série B.

 

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Ratchet et Clank, c’est l’histoire de Ratchet, une sorte de fennec bipède et humanisé bien avant que le furry n’envahisse internet, qui passe ses journées à réparer un vaisseau sur la planète Veldin en rêvant un jour de découvrir la galaxie et rencontrer d’autres membres de son espèce, les Lombax. Hélas, un jour, un vaisseau se crashe sur la planète avec à son bord un petit robot nommé Clank, qui lui demande de l’aide pour chercher le Capitaine Qwark afin de mettre fin aux agissements d’un chef d’état alien bien décidé à conquérir le cosmos par la force.

Durant toute leurs aventures, ils rencontreront une galerie de personnages récurrents sur plusieurs épisodes comme Qwark (un héros crétin, couard et égoïste), Al’ (un geek féru de mécanique), Sasha (capitaine des forces galactiques), Talwyn Apogée (la fille d’un archéologue) et bien sûr, le plombier, qui passe son temps à réparer des toilettes. Mais les antagonistes ne sont pas en reste, car en plus du Président Drek, on peut mentionner Tachyon (un chef d’état qui fait aussi führer dans ses méthodes), le Dr.Nefarious et son majordome Lawrence, qui sont tous aussi méchants que drôles, ce qui désamorce constamment l’aspect de maître du mal, et les rend tout aussi attachants.

Même si les timelines sur Playstation 2 et Playstation 3 se suivent, avec les épisodes additionnels qui viennent se greffer entre les épisodes, l’histoire est cohérente de bout en bout, avec la chance d’être restée dans les mains du même studio depuis le début. Même les upgrades de Clank, obtenus dans le premier épisode, restent durant toute la série, et l’on surprend parfois des dialogues renvoyant aux précédents épisodes. Mais quel que soit l’épisode, rappelons-nous que les plus grands alliés de Ratchet seront les gigantesques sociétés d’armement galactiques, telles que Megacorp mais surtout Gadgetron, qui fournissent à chaque nouveau client le Gant à Bombes (des grenades, donc). Vous l’aurez compris, l’univers de Ratchet et Clank est un tantinet irresponsable.

 

C’est dans cet univers complètement barré où la plus grosse entreprise galactique met en vente des armes pour quiconque peut les acheter que notre duo de héros entre en scène, avec tout autant d’armes récurrentes sur chaque épisode ou de gadgets conservés d’un épisode sur l’autre dans l’inventaire.

Cela passe par exemple de l’arme de fin de jeu appelée le R.Y.N.O (T.E.L.T, ou T’Eclater La Tronche en français), à d’autres concepts plus débiles : un canon aspirant les ennemis pour en faire des projectiles, un robot de défense qui insulte et canarde l’ennemi, un rayon qui transforme les ennemis en animaux…C’est chez Gadgetron et parfois Megacorp que vous trouverez toutes ces belles armes qui feront mourir (de rire) vos ennemis.

Avec également des blagues parfois à double sens en version américaine (surtout les sous-titres des épisodes ayant un sens graveleux) et des cinématiques partant dans le grand n’importe quoi pour permettre à nos héros d’avoir les coordonnées d’un autre monde, Ratchet et Clank est une série aussi bien pour petits et grands, avec un humour et un univers qui sait être attachant, tout comme Sly Cooper qui partage lui aussi certains dialogues et vannes pas forcément pour les jeunes. Drôle, addictif et rejouable avec des armes disposant toutes d’un niveau et d’améliorations comme dans un RPG, chaque jeu nous invite à nouveau à sauver la galaxie, amasser les boulons, et rigoler un bon coup.

Ratchet and Clank a bénéficié également d’un film d’animation en 2016 dont le casting vocal en français a fait couler de l’encre en préférant des personnalités de Youtube plutôt que les doubleurs du jeu, chose qui a été pourtant faite dans les autres pays. En opérant une relecture de l’épisode de 2002, le film est sympathique et se laisse regarder ET jouer, car il lieu à un jeu nommé Ratchet et Clank sur Playstation 4, qui opère lui aussi cette relecture du début de la série commencé 14 ans plus tôt.

Si, pour vous voyager dans l’espace, trucider des monstres pas beaux et un peu stupides, manier des armes flirtant légalement avec la convention galactique de Genève vous tente, n’hésitez pas à découvrir Ratchet et Clank. Tous les jeux de la série conservent cette essence qui jamais ne perd ce qu’elle sait faire de mieux : Amuser le joueur, et lui faire passer un agréable moment.

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