Plaisir Coupable – Wangan Midnight

Dans les petites modifications que j’ai fait dans mon blog, j’ai retouché plusieurs articles nommés « plaisir coupable » en gardant que ceux dont le sujet est globalement le jeu vidéo. Pour aujourd’hui, je vais traiter d’une adaptation vidéoludique d’un manga ; L’article sera donc un peu hybride, mais classé comme Plaisir Coupable.

Aujourd’hui, il sera question de bagnoles, tout comme l’était mon article sur Initial D ; Toutefois, n’ayant guère apprécié cette licence, je vais m’attarder sur l’aspect produit dérivé. Accrochez vos ceintures et pied au plancher, c’est Wangan Midnight.

Publié pour la première fois en 1993 (contre 95 pour Initial D), Wangan Midnight raconte l’histoire de coureurs nocturnes sur le périphérique de Tokyo, à la nuit tombée, au milieu de la circulation. Deux voitures se démarquent des coureurs habituels : Une Porsche 911 Yellowbird renommée Blackbird pour sa couleur Noire, et une Datsun 240Z nommée Devil Z : En effet, outre sa préparation mécanique hors du commun, elle est tristement connue pour ses multiples destructions à la suite d’accidents. Mais au final, seule elle réussit à s’en sortir…

Nous suivons Akio, un jeune coureur nocturne au volant d’une Nissan 300ZX, passionné par les Nissan « Z » qui souhaite se mesurer à là Blackbird. Echouant face à une voiture surpuissante et pilotée d’une main de maître, il découvre dans une casse auto la fameuse Datsun 240Z mentionnée plus haut, qu’il décide de restaurer malgré les mises en garde sur sa réputation. A un tel point que le dernier (et défunt) propriétaire de la Devil Z est un homonyme d’Akio…

L’histoire, contrairement à Initial D qui a un petit côté Shonen avec Takumi qui apprend les techniques de conduite et se perfectionne face à de nouveaux adversaires, part complètement dans le slice of life. Même si Akio persiste à rompre le triste palmarès de la Devil Z, nous suivrons l’histoire du pilote de la Blackbird, mais également d’autres pilotes de la Wangan.

La Wangan désigne donc les courses illégales sur les voies rapides de la capitale Japonaise, désertées par la Police et moins fréquentées qu’en journée. Les coureurs se défient d’un appel de phares ; Le but est d’ensuite distancer son adversaire, sachant qu’emprunter une sortie d’autoroute différente annule la course. Ce frisson de la vitesse, cette liberté d’un instant, cette quête de soi : Tout est bon pour participer à la Wangan, qui ressemble à une variante de la Touge (qui elle se réserve aux routes de montagne).

Ce scénario où le héros chope d’emblée la voiture la plus « puissante » par le scénario et affronte une sorte de vrai-faux rival constant rend Wangan Midnight un peu plus difficile à suivre comparé à Initial D. Il n’y a pas vraiment de tension, de but à atteindre, car la majeure partie de l’histoire ressemble beaucoup à une quête d’identité de personnages très secondaires.

De ce fait, n’étant pas très fan de la tranche de vie sur l’intégralité d’une série, j’ai décroché et fini l’anime en pilote automatique. Le chara design n’est pas terrible non plus, tout comme la musique. Les séquences en bolide sont toutefois bien animées. Et puis sérieux, voir des gens jouer leur vie et leur ego sur l’autoroute à un côté kitsch.

Toutefois, la Wangan, c’est également de nombreux jeux parus sur beaucoup de supports, sur console comme en Arcade. Généralement crées par le studio Genki, sous le label « Shutokou Battle », puis « Genki Racing Project », le principe reste majoritairement de mettre en scène des courses illégales de voiture de série, avec une emphase mise sur la préparation (sans tourner dans le tuning criard) et les défis sur autoroute. Tout en restant dans les règles de la Wangan, qui reste l’inspiration majeure du studio.

Nommés Tokyo Xtreme Racer ou Tokyo Highway Challenge aux Etats Unis ou en Europe, les jeux se sont développés sur à peu près tous les supports, en incluant même des versions où le Touge est mis en avant (notamment sur PS2), venant du coup plus prendre des inspirations dans Initial D. Actuellement, le dernier jeu console connu est Import Tuner Challenge sur Xbox 360. MAIS.

Car il y a un énorme MAIS, qui est méconnu en Europe : C’est l’adaptation de la série sur borne d’arcade. Avec plus de cinq itérations et plus de 10 ans d’existence, Wangan Midnight existe sur des bornes Namco ESX, permet la sauvegarde sur des cartes NFC que l’on insère dans un slot prévu pour conserver notre progression, et l’on revit les évènements du manga dans un mode course avec de multiples chapitres et scénarios. Car oui, même à 200 Km/h, du drama sur le sens de la vie en Nissan GT-R, ça n’a pas de prix.

Et chose complètement folle : Il existe un championnat du monde en Asie de ce jeu, les mecs parlent très peu et se prennent tellement au premier degré. Pourtant, pour l’avoir testé par émulateur, le jeu est très cool et visuellement assez correct. A se demander s’il tourne pas avec le même moteur graphique que Ridge Racer 7.

Un large choix de voitures, une jouabilité arcade très sympa, des visuels plutôt attrayants, je n’avais pas encore parlé de la musique. Et je ne m’attendais pas à retrouver Yuzo Koshiro, qui signe la bande son de jeux assez cultes comme ActRaizer, Streets of Rage, ou encore Etrian Odyssey que j’affectionne particulièrement. Et bordel, cette bande son donne envie de bouger son popotin, avec de l’espèce d’Eurodance mixée avec des sons de Nightclub qui illustre ces courses à plus de 200 Km/h.

Bref, Wangan Midnight, même si la licence n’est pas aussi populaire que ne l’est Initial D encore aujourd’hui, possède toutefois un côté attractif pour quiconque s’intéresse à la course urbaine avec des voitures japonaises.

Attirante par une soundtrack de borne d’arcade vraiment punchy, accrocheur par des courses basées sur l’aspiration et la gestion du trafic à haute vitesse, ce n’est pas pour rien qu’on à la Special Stage Route 5 sur Gran Turismo, et que des gens ont porté la Wangan sur Assetto Corsa. En tout cas, entre Initial D et Wangan Midnight, le Japon sait donner à la course automobile un certain intérêt.

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