Test – Hitman 2 (2018)

Ah, l’Agent 47. J’ai côtoyé ce drôle de personnage y’a fort longtemps, avec sa dernière aventure à l’époque, Hitman Absolution. Je l’avais laissé sur ce dernier, dans une aventure très dirigiste qui tranchait avec le génie du jeu précédent, Hitman Blood Money. Des cartes très ouvertes, des cibles à abattre, et tellement de possibilités. Et durant toutes ces années, entre deux films (dont le second est une purge), IO Interactive à offert de nouvelles aventures à 47, avec un premier volet au format épisodique. Et le voici qui revient, aussi redoutable que jamais.

Merces Letifer

Une fois encore, 47 et son agente de liaison sont confrontés, entre deux contrats, à une menace qui pèse sur leur employeur. L’ICA est attaquée par une organisation nommée Providence, qui cherche à mettre fin aux agissements des agents de l’ICA dont 47, pour des raisons assez inconnues. Ce n’est bien sûr qu’un liant assez mineur entre toutes les missions qui nous sont proposées, qui ont comme point commun de nous faire tuer des pourris qui paraissent innocents aux yeux du public.

Hitman 2 reprend les bases du Hitman sorti en 2016, en laissant de côté la distribution épisodique pour un contenu « complet » dès le lancement, à savoir 6 grands « lieux » avec plusieurs cibles à abattre. On reste toujours dans un jeu d’infiltration où le but est d’éliminer vos cibles de la manière la plus discrète possible, en faisant le moins de victimes collatérales.

Pour le coup, Blood Money proposait beaucoup plus de niveaux, mais Hitman 2 gagne non seulement en taille de niveaux, mais aussi en possibilités. Bien entendu, les mécaniques de déguisement, les diverses manières d’accomplir la mission, les routines des PNJ sont toujours présentes. Mais IO Interactive à gardé le meilleur de Blood Money et d’Absolution.

Il récupère de Blood Money de grands niveaux bacs-à-sable où vous devrez élaborer un plan pour accomplir votre contrat. Bien entendu, le jeu vous pousse à la perfection du « Maître Assassin », celui qui accomplit son contrat sans pertes collatérales et, de surcroît, faire passer l’irréversible pour un accident. Ca passe beaucoup mieux que votre cible ait « trébuché » dans un enclos à requins, ou qu’une statue mal fixée se soit effondrée sur elle. Même si bien entendu, une petite balle de pistolet à silencieux ou un poison dans un aliment font aussi l’affaire.

Rien que la première mission à Miami, en pleine course automobile (Cible en course, une autre dans un bâtiment connexe) en met plein la vue niveau foule et animation.

Il récupère d’Absolution un moteur visuel (Glacier) amélioré pour la nouvelle génération qui habille parfaitement les niveaux en terme d’ambiance et de réalisme, et d’une difficulté bien pensée, avec le système de déguisements (s’habiller comme un PNJ pour pénétrer certaines zones) qui est soumis à la contrainte des « chefs ». En gros, certains PNJ seront automatiquement suspicieux sur ce nouveau venu, chauve et caucasien, qui porte les mêmes vêtements que son collègue Pedro qu’il côtoie au quotidien depuis 15 ans.

C’est donc dans ces gigantesques zones à ciel ouvert, entre infiltration et réflexion, qu’il faudra ruser pour approcher sa cible. Eviter les chefs vite suspicieux, se servir de son environnement pour trouver de nouvelles méthodes, et faire votre travail : Tel sera votre but sur ces six missions. Et une fois celle ci finie, le jeu récompense en expérience votre méthode, et une grille montre toutes les possibilités laissées au joueur. C’est là qu’apparaissent des versions « révisées » du contrat qui seront plus propices à une autre approche, ainsi que de nouveaux points de départ et outils pour tuer avec plus ou moins d’inventivité.

Alopécie Mortelle

Sur le plan visuel et musical, Hitman nous met dans une ambiance à la fois propre aux lieux qu’on visite, avec des détails (foule, décors, intrigues liées aux PNJ) qui rendent chaque environnement très vivant et crédible. La musique participe aussi, de manière discrète, a rendre tout ce beau monde vivant, en sachant s’adapter quand la tension se fait sentir. Que notre 47 s’infiltre en zone dangereuse, que l’on soit détecté, ou que l’on cherche à fuir après avoir accompli notre boulot : On serre les fesses en jouant, et la musique nous met bien dans cette ambiance, entre réflexion minutieuse d’un tueur professionnel et passage à l’action.

D’ailleurs, pour l’anecdote, j’étais un grand fan de la soundtrack de Blood Money. Signée Jesper Kyd (Assassin’s Creed, Borderlands, State of Decay), il laisse à main à Niels Bye Nielsen, qui a bossé sur la série des Ratchet et Clank avec David Bergeaud. Que j’apprécie aussi sur le plan ludique et musical. J’en profite donc pour mettre deux morceaux de leurs précédents travaux.

Au niveau de la durée de vie, si l’on met de côté les scènes cinématiques servant de liant à l’histoire, chaque nouveau contrat met bien une trentaine, voire une quarantaine de minutes à apprendre. Cela laisse le temps ensuite de mettre notre plan à exécution. Comptez bien 6 à 8 heures de jeu pour faire les 6 contrats pour votre première partie, mais les refaire pour obtenir toutes les possibilités et le meilleur rang prendre bien plus de temps. Tout comme le mode Sniper Challenge (missions annexes au Sniper, jouable seul ou en co-op) et le mode Contrats.

Le mode Sniper Challenge, jouable seul ou en Co-Op, qui sera alimenté au fil du temps en nouveaux environnements.

D’ailleurs, ces modes alternatifs, parlons en. J’aborde toujours un aspect multijoueur et DLC dans mes tests et celui-ci va traiter de la distribution du jeu. Hitman (2016) avait fait le pari d’une distribution épisodique, celui-ci fait le pari du jeu service. Le jeu est fourni de base avec les 6 contrats et le mode « Sniper Challenge », mais IO Interactive prévoit de rajouter du contenu au mode Sniper, tout comme il est possible d’opter pour des pass d’extension censés ajouter de nouveaux contenus dans le futur.

Il est aussi possible, si on le possède dans sa bibliothèque de jeux, d’obtenir toutes les missions de Hitman, repensées et actualisées pour Hitman 2.

Parlons également du mode contrats repris de Hitman Absolution, qui vous permet de prendre une des six missions et de lancer aux joueurs un défi, en ciblant un PNJ qu’il faudra tuer avec une certaine arme. Ce mode communautaire est assez sympa, et peut se révéler être un bon défi pour les joueurs chevronnés.

Enfin, le mode « Ghost » est un mode deux joueurs où il faudra accomplir un contrat plus rapidement que son adversaire. Je n’ai pas testé ce mode, mais l’idée est drôle.

Et j’ai même pas encore parlé des évènements communautaires comme les cibles temporaires, des contrats spécifiques en temps limité. Que de générosité, vous dis-je.

Killing Strangers

Hitman 2, après avoir laissé la série de côté pendant un certain temps avec Absolution (que j’ai fini dans la douleur) est une bouffée d’air frais. Clairement, c’est avec l’épisode 2016 la suite logique de Blood Money qu’on attendait. La formule est aboutie, magnifiée, complétée et rendue communautaire dans des proportions dépassant la générosité. Quand Absolution nous donnait des niveaux assez dirigistes pour une histoire moins « bac à sable » et plus narrative, Hitman 2 remet au centre du jeu l’expérimentation, la réflexion, l’idée que notre première tentative peut être perfectionnée. Les plus fous mettront la difficulté aux maximum en virant tous les indicateurs visuels ; les joueurs moins masochistes auront affaire à un mélange infiltration-réflexion qui revient encore une fois, plus acéré et mortel que jamais.

Publicités