Comics – P.T.S.D

J’ai beau avoir lu des bandes dessinées depuis longtemps, je n’ai pas beaucoup lu de bandes dessinées prenant pour sujet principal des pathologies ou des sujets médicaux impactant un ou plusieurs personnages d’un récit. Et c’est par curiosité et par recommandation que j’ai lu P.T.S.D, crée par Guillaume Singelin, un des dessinateurs du Label 619 dorénavant indépendant, à qui l’on doit l’édition de Mutafukaz, Doggybags, ou les réeditions de Tank Girl.

Avant même de feuilleter P.T.S.D, deux choses m’ont marqué au premier coup d’oeil. La première vient du dessin détaillé, avec un aspect qui fait penser à une sorte d’aquarelle au feutre plutôt jolie, qui rend les décors assez colorés. La seconde vient du récit en lui même, qui est assez peu verbeux en son ensemble, et qui se lit assez vite.

P.T.S.D, qui signifie « Post Traumatic Stress Disorder« , est un syndrome intervenant à la suite d’évènements choquants, violents, mettant à mal la psychologie de l’individu exposé. Même si le phénomène touche beaucoup d’anciens soldats ayant connu des exactions au front qui ont du mal à effacer ce vécu une fois revenus dans la société, ce syndrome peut arriver aussi sur des faits hors « conflit », comme un accident de voiture, un incendie, un vol…

Un des exemples les plus connus de PTSD dans la pop-culture est Rambo, avec l’histoire d’un ex-vétéran du Vietnam qui retourne à la civilisation et n’arrive pas à se débarasser de ses réflexes de guerre, de son comportement antisocial et violent, ainsi que des flashbacks influant sur sa perception de ce qui l’entoure. P.T.S.D reprend cette même idée avec Jun, une sniper retirée du front après avoir perdu son oeil en mission.

Shootée au médocs, sans abri, laissée pour compte, Jun erre dans une jungle urbaine aux influences asiatiques, où les anciens soldats comme elle se mêlent aux sans-abri, pendant que des petits groupes de dealers font la loi en distribuant des médicaments à des tarifs prohibitifs.

Et si la narration est assez légère au début, elle devient un peu plus verbeuse au fil du récit, avec les quelques personnages secondaires qui vont graviter autour de Jun. Mais le récit se concentre majoritairement sur cette femme détruite, qui va replonger dans des accès de violence malgré elle, à la fois comme exutoire et par nécessité.

Toutefois, la note finale de P.T.S.D, malgré la violence présente dans plusieurs pages (sans tourner à la boucherie), garde une note d’espoir et de réinsertion pour ces laissés pour compte. C’est peut-être un peu naïf de croire que l’on peut régler un traumatisme par des bons sentiments, mais ça l’est déjà moins quand la personne souffrante est entourée. Et c’est aussi un des messages sous-jacents de P.T.S.D, où les gens esseulés finissent par souffrir ou mourir.

Avec un parallèle fait avec la guerre et le sentiment de groupe d’une escouade, que l’effort de chacun pour aider autrui renforce tout le monde, c’est sur cette note colorée et souriante que se finit cette histoire en un seul volume, d’une limpidité dans l’explication de son propos sur le sujet.

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