Mangas – Devilman

xIH7Al9

L’année 2018 à commencé avec une série Netflix qui à fait sensation : Devilman Crybaby. 10 épisodes d’une série reprenant l’oeuvre majeure de Go Nagai, un des plus grands mangakas que le Japon ait connu. Car adapter une œuvre datant de 1972 n’est pas une chose aisée et comme les designs de Go Nagai sont reconnaissables parmi tant d’autres, tout comme les thèmes sombres et peu joyeux de ses œuvres (Mazinger, Getter Robo, Goldorak), il est temps de revenir sur la carrière du Monsieur, sur l’histoire même de Devilman, et sur l’influence de cette dernière sur la pop-culture. Préparez des mouchoirs et des anti-dépresseurs, car votre joie va s’évaporer au fil de l’article. Tout comme il m’a fallu un temps pour digérer, analyser, et constater en quoi Devilman est incontournable.

Et accessoirement, ca va être de l’ultraviolence et du sexe parfois, donc vous voila prévenus.

1024px-Go_Nagai_20080704_Japan_Expo_05

Go Nagai, né en 1945 à Wajima (Japon), est issu d’une génération marquée par les lendemains de la Seconde Guerre Mondiale, notamment par les bombes d’Hiroshima et de Nagasaki. Quand l’horreur nucléaire à inspiré d’autres genres comme le Kaiju (Godzilla), le post-apocalyptique (Hokuto No Ken) et bien d’autres courants nés de la reconstruction du japon, Go Nagai imaginait déjà dans son plus jeune âge des monstres et d’autres créatures fantastiques, lui qui fut aussi impacté très jeune par le Lost World d’Ozamu Tezuka (Astro Boy). C’est d’ailleurs dans la maison d’édition de ce dernier après une enfance où Nagai passait plus de temps à crayonner qu’a étudier, qu’il trouva l’un de ses premiers emplois. Un travail acharné, des cadences de travail très lourdes ne l’ont pas démotivé et de persévérer dans sa passion. C’est au fil des petites séries, des travaux réalisés dans des maisons d’édition qu’il va acquérir ses lettres de noblesse, son refus du formatage et des thèmes qui lui sont chers : la notion de Bien et de Mal, l’héroïsme, l’humanité.

Que ce soit avec Devilman en 1972, Mazinger la même année, et par la suite avec Violence Jack (précurseur des Ken le Survivant et Mad Max), Getter robo et bien d’autres, Go Nagai à eu une influence dans le paysage manga japonais. Doté de qualités d’écriture et de dessin dans plusieurs genres différents comme l’humour, le drame, l’érotisme, ou même la Science-fiction, c’est actuellement l’un des noms les plus reconnus encore aujourd’hui, où ses influences se font sentir.

47-Devilman

Mais Devilman est l’oeuvre qui a beaucoup contribué à sa renommée. Dans un Japon moderne, deux jeunes amis d’enfance, Akira et Ryo, se sont perdus de vus pendant un certain temps. Quand l’un était un enfant assez émotif et d’un milieu modeste, le second était plus sérieux, intelligent, et issu d’un milieu plus riche. C’est ce même Ryo qui revient, bien plus tard, au moment où Akira n’arrive pas à protéger sa copine de quelques voyous. Et la visite n’est pas par hasard : les démons vont se réveiller, et il compte sur son ami Akira pour l’aider. Et pour lutter contre eux, il n’y a pas le choix : il va falloir en devenir un.

devilman

Akira est donc possédé par Amon, mais conserve encore son coeur d’humain. Il n’est donc pas du tout converti à la solde des démons, et sera toujours en proie à des dilemmes entre humanité et puissance démoniaque. Mais son désir de protéger les siens et de ne pas devenir un monstre prend le dessus, même quand le monde sombre peu à peu dans cette invasion.

Sans trop en révéler sur l’intrigue, Devilman Crybaby, l’adaptation sur Netflix datant du début de 2018, reprend l’ambiance pesante, les scènes mêlant sexe et violence, avec un sentiment de bestialité et de corps démoniaques aux formes grotesques qui soulignent l’absence d’humanité de ces monstres. C’est d’ailleurs cette humanité, cette question de savoir ce qui nous fait, qui sera prépondérante dans ce conflit meurtrier où les démons se servent d’orgies sanglantes pour surgir et posséder les vivants….ou les dévorer. Et si vous désirez savoir si l’anime peut vous plaire, il suffit de regarder le premier épisode et la scène du Sabbat, qui vous servira de test. Scènes érotiques et de porno soft explicites, saupoudrées d’horreur. Bon appétit.

Avec des personnages bien développés, une ambiance particulière qui se retrouve dans des jeux comme Shin Megami Tensei, Devilman est quelque chose à ne pas mettre entre toutes les mains. Ce n’est absolument pas quelque chose à lire si vous voulez pas finir nihiliste. Car c’est un seinen très sombre, posant beaucoup de questions, qui ne lésine pas sur ses thèmes et pousse ses personnages jusqu’au bout, quitte à mourir. Et les autres séries dérivées (The Darkside of Amon, par exemple) perpétuent ce monde cauchemardesque.

Mais le voyage dans Devilman fut une véritable plongée en enfer. Sans concessions, cru, brutal, ce monde qui devient de plus en plus fou à chaque page met le lecteur dans le même malaise. Et l’adaptation animée retranscrit bien cette perdition de l’humanité, donc ne vous attendez pas à un happy end. Mais au contraire, attendez vous à quelque chose de marquant, mature, qui ne vous prend pas pour un imbécile, qui prendra les bas-instincts humains pour les rendre révulsants, et qui vous fera demander qui sont les véritables monstres de cette fable.

Publicités

Laisser un commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s