Comics – Big Guy and Rusty the Boy Robot

big-guy-and-rusty-logo

On pourra dire ce que l’on veut de la création artistique dans la pop-culture, mais les années 1990 ont quand même connu d’excellentes choses. Dans la continuité des années 70 et 80, les idées fusent, le développement de la technologie et de nouveaux créatifs émergent. À l’époque, les plus jeunes n’imaginent pas encore la chance qu’ils ont de vivre à cette époque et de découvrir les débuts de futures licences cultes.

On peut dire aussi cela de nos jeunes générations qui auront à découvrir un héritage culturel conséquent, mais cela comprend également les idées réalisées de jeunes créatifs, ceux qui ont grandi dans ces années et qui ont décidé d’y rendre hommage à leur manière. C’est donc entre des influences du  û japonais (des gros monstres) et de science-fiction des années 50 que naît ce duo improbable de super-héros artificiels : Big Guy et Rusty .

Créés au milieu des années 90 quand le Japon n’était pas encore aussi implanté dans la pop-culture commune en occident, ces deux héros vont réunir deux mondes de celui-ci, à savoir le comics américain un peu pulp et série B, et les séries de monstres ayant un penchant pour la destruction à grande échelle de centres urbains. Et ces deux héros naissent du crayon de Frank Miller, une des figures emblématiques du comics avec notamment Batman : The Dark Knight Returns, Sin City, et 300 à son actif.

album-cover-large-33104

Les inspirations qui ont guidé Frank Miller et Geof Darrow sont limpides et constituent les notes d’intention de cette œuvre :  s’agit pour Darrow de rendre hommage à sa manière à l’un des artistes qu’il admire, à savoir Osamu Tezuka, qui est le papa d’Astro Boy. Nul besoin de rappeler ici à quel point Tezuka est une figure emblématique du manga, dont le personnage mi-humain mi-robot a inspiré beaucoup de personnages, notamment Megaman et ici, Rusty. Mais Darrow et Miller partagent également une passion pour les films de monstres géants, appelés Kaijū.

Même si les films de série B et ceux qualifiés de grindhouse (Films d’action imitant le cinéma d’exploitation et bien souvent au budget restreint avec des thèmes racoleurs) mettent parfois en scène des créatures plus ou moins improbables face à l’humanité, le Japon connaît depuis 1954 un représentant massif du genre, qui illustre à merveille la nature face à l’homme : Godzilla. Allié ou ennemi des humains, ce gigantesque  dinosaure est parfois mis en scène face à d’autres menaces géantes : Mothra, Rodan, Anguirus…

Le principe est donc, tout en gardant une esthétique très années 50 même pour le design de Big Guy et Rusty , de développer une histoire  piochant dans les comics de super-héros et le Kaijū. Le tout, en mettant en scène un petit robot japonais qui fonctionne à l’énergie électrique et une gigantesque armure pilotée par un humain remplie d’armes  C’est donc en 1995 que sort ce one-shot sur nos deux personnages, sorte de lettre d’amour à toutes ces références.

big-guy-and-rusty-feature

Dur de ne pas voir dans ce comics quelques références aux différends qui ont opposé l’Amérique et le Japon, qui s’effacent ici pour un but commun : atomiser la menace qui pèse sur l’humanité, en employant l’arme  nucléaire s’il le faut. Avec une charte graphique rappelant beaucoup des œuvres des années 50 qui sont encore traumatisées par les deux bombes et certains logos (la ceinture de Rusty en forme d’atome par exemple), on sent que Rusty et Big Guy sont là pour faire parler toute leur puissance énergétique, tout ce que peut utiliser  l’homme pour se défendre.

Alors qu’une expérience scientifique tourne mal en plein cœur d’une mégalopole japonaise, le Japon envoie Rusty, un androïde de défense militaire ressemblant à un enfant, affronter la menace. Hélas, Rusty se retrouve rapidement hors de combat et le peuple japonais n’a pas d’autre choix que de laisser sa fierté de côté et demander aux Américains de l’aide en envoyant un robot représentant la force brute de l’Amérique : Big Guy.

BigGuyRustyPuzzle

Il s’ensuit donc un combat entre Big Guy et la créature, dans tout ce que l’on peut attendre du projet : de l’action , des solutions désespérées, la victoire écrasante de l’humanité à la fin qui  arrive à dompter la nature grâce à sa technique et à son inventivité.

C’est peut-être assez convenu, mais Rusty and Big Guy se veut être avant tout une histoire courte, prenante, qui est un hommage à la pop-culture japonaise et américaine. Et ce mélange fonctionne très bien, même s’il n’a pas eu une longue carrière.

0b1ba442224f393d3dbe6da38c2501da

Big Guy and Rusty the Boy Robot avait tout le potentiel pour devenir quelque chose d’assez long, et la relation entre les deux personnages est très clairement sous-développée. Toute l’histoire présente dans le comics (réédité actuellement chez Glénat Comics) se lit très vite, mais donne envie de découvrir d’autres histoires de notre duo de héros. C’est peut-être le reproche majeur que l’on peut faire à Big Guy and Rusty, c’est sa courte carrière programmée. Il s’agit d’un hommage, et non d’une histoire à long terme.

Pourtant, une série animée a vu le jour en 1999 et développe un peu plus cet univers dont la relation entre le robot vétéran et la jeune recrue pourrait constituer un très bon liant entre les combats contre les menaces extraterrestres. En 26 épisodes de 23 minutes, elle reprend les bases de l’histoire et la rencontre entre Rusty et Big Guy après la première mission échouée de Rusty. L’histoire entre les deux personnages se développe avec un côté « père et fils » entre les deux robots.

Diffusée en France en 2001, cette série d’animation est fidèle à l’oeuvre et la développe plus que le comics ne l’a fait, et comprend même un certain Inon Zur à la bande son. En sachant que ce dernier compose actuellement pour Besthesda la bande son des derniers jeux de la série Fallout, le hasard fait bien les choses : Les deux séries partagent le même sens des mascottes joufflues à la coupe très cartoon et cet amour du patriotisme entre deux bombes nucléaires.

Tombée dans l’oubli à cause de sa courte carrière, Big Guy and Rusty the Boy Robot constitue une œuvre assez particulière qui reste avant tout un hommage qui mélange les genres dans un résultat accessible, simple, et efficace. Cela ne révolutionne en rien ce qui s’est fait à cette époque, mais demeure une bonne madeleine de Proust pour raviver quelques souvenirs d’antan, comme l’ont fait Frank Miller et Geof Darrow.

 

Laisser un commentaire ?

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s