Test – Pokémon Version Soleil / Lune

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« Pokémon, 20 Ans d’Evolution », tel était le titre d’un ouvrage écrit par deux journalistes intervenant sur la webradio RadioKawa (que j’apprécie beaucoup) : Un ouvrage revenant sur l’évolution de la licence aux monstres de poches, née en 1996, qu’il s’agisse de ses mécanismes de gameplay, de ses nouvelles créatures, et du changement de plateforme de jeu ainsi que les spin-offs.

Aujourd’hui, Pokémon Version Soleil / Lune est paru, censé apporter un cadeau pour les 20 Ans de la série, avec une aventure inédite et de nouvelles mécaniques. 20 ans d’évolution, vraiment ?

 

Pokémon, c’est avant tout un jeu de boules.

 

 

Le scénario, quand certains crient au spoil quand celui-ci n’évolue généralement pas d’un iota dans sa construction (Un enfant entreprend une quête initiatique qui lui fera traverser le pays, attraper et renforcer ses pokémon, affronter une organisation criminelle, attraper une légende, et devenir un dresseur surpuissant…), propose quand même quelque chose dans ce nouvel épisode. Fraîchement émigré de Kanto (région de Bleu / Rouge / Jaune), notre personnage arrive à Alola, archipel de 4 îles repompant allègrement les îles d’Hawaii et la culture Samoa. Ayant obtenu un Pokémon auprès du Doyen de Mele-Mele et du Professeur Euphorbe, c’est l’épreuve du Tour des Iles qui servira de fil rouge à l’histoire, tout comme l’étrange histoire sur Cosmog, un Pokémon mystérieux gardé par Lilie, la Team Skull dans le rôle des malfrats ratés de service, et la Fondation Aether, ayant pour but de protéger les Pokémon. Et malgré ce que vous lisez, les forces en présence ne tombent pas dans le clivage Bien / Mal.

Je ne vais vraiment pas vous faire l’affront de résumer les mécaniques de gameplay de Pokémon, qu’il s’agisse des combats, de l’obtention de nouveaux Pokémon, ou encore de l’aspect stratégique, des affinités et faiblesses….Je vais ici me concentrer sur les nouveautés. Et à commencer par celle qui m’a le plus plu : Les Battle Royale. 4 dresseurs, 1 Pokémon à la fois par Dresseur, le but : En mettre le plus K.O, sachant que le dresseur peut prendre n’importe qui pour cible. Une mêlée générale, où les vols de K.O rendent le combat plus intéressant et jouissif !

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Toutefois, l’histoire possède quand même quelques particularités propres au milieu. Tout d’abord, au revoir les arènes : Etant donné la taille des îles, et la logique moins « urbaine » d’Alola, elles laissent place au « Tour des îles », sorte de visite touristique des îles où de nombreuses épreuves attendent les dresseurs. Ce sont donc généralement quelques petits combats / énigmes dans un certain cadre, laissant place à un duel face à un Pokémon « Dominant » du lieu, possédant des stats améliorées et de l’aide durant le combat. Sorte de « Boss », cette mécanique ne remplace pas fondamentalement les maîtres d’arène (ça reste un duel…), mais se révèle plutôt intéressante.

Le jeu comprend notamment des formes dites « Alola », qui concernent généralement la première génération de Pokémon, avec des designs alternatifs qui changent leur morphologie, leurs statistiques, mais également leur type. Aussi, adieu les CS : Vous pouvez compter sur les Poké-Montures, sortes de CS disponibles à tout moment pour surmonter un obstacle. Un gros rocher ? Sortez Tauros et chargez dans le tas. Besoin de faire Vol ? Sortez Dracaufeu.

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Ensuite, lors des combats, nous disposons des capacités Z. Pour l’utiliser, rien de plus simple : Equiper un cristal spécifique qui permet au Pokémon d’utiliser une variante bien plus puissante d’une capacité. Les cristaux sont soit de deux sortes (Liées à un type ou à un Pokémon avec une certaine attaque), et permettent donc d’envoyer, à raison d’une capacité Z par combat, une capacité du même type que le Cristal (ou prévue) mais de manière surpuissante. Ainsi par exemple, un Tygnon avec la Combazélite pourra envoyer « Fureur des Poings Multiples » au lieu de Mach Punch.

 

C’est donc du Pokémon qui fait du Pokémon en agrémentant des mécaniques déjà existantes, sans pour autant remettre en cause tout ce qui existe. Et quitte à parler du scénario et du gameplay dans le même temps, même si j’ai pas encore tout évoqué (le Poké Scope qui est un mode photo sous-exploité et dispensable, le Poké-Soin pour chouchouter nos Pokémon au stylet…) j’aimerais attribuer une mention spéciale à la localisation du jeu.

Car oui, s’il y a UNE chose que ce Pokémon à quand même réussi plus que le reste selon moi, c’est ses personnages et SURTOUT ses dialogues. Venant de la même équipe à l’origine d’un Exagide nommé « Francis La Lame » sur Pokémon Méga Donjon Mystère, et outre les jeux de mots et autres références présentes durant le jeu, les dialogues de la Team Skull sont juste hilarants, dans le rôle de voyous banlieusards avec leurs tics de paroles, leurs « street crédibilité », et leur gestuelle ridicule. J’aimerais aussi mentionner le personnage de Danh, que l’on rencontre sur la troisième île ; Je ne vais pas détailler son rôle, mais si Droopy avait un fils illégitime, ce serait lui, et sa mine déprimée, couplée à son emploi, le rend particulièrement drôle. Chacune de ses interventions me donnait envie de rire. Je voulais souligner ça car cela prouve que Pokémon n’est pas fait que pour un public âgé de moins de 10 ans, et ce double niveau de lecture est on ne peut plus réussi.

 

 

Alola Terre, ici Kanto

 

 

Si vous vous attendez à une révolution sur les graphismes, rien n’a changé depuis XY / ROSA. Le moteur est le même (y compris les ralentissements, même sur une N3DS), les décors sont plutôt colorés, variés, et réussis (même si l’environnement est constitué d’îles) et chaque zone possède son style. Zone abandonnée, Village à tendance nippone, port de pêcheurs qui m’a fait penser à Monster Hunter…Le jeu dépayse à chaque environnement, les formes d’Alola sont soit hilarantes, soit plutôt bien trouvées, les PNJ ont vraiment un design soit très insulaire soit futuriste (Elsa-Mina est magnifique), et le plus important, les designs des Pokémon d’Alola sont parfois peut-être inégaux, mais il y a de bonnes trouvailles.

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Plus de 40 ans les mecs, calmez vos ardeurs. #CharaDesignMindfuck

 

Sur la bande son, la musique est digne des autres Pokémon, même si j’ai une certaine mention spéciale à accorder à la Team Skull, qui non contente de me faire hurler de rire dans leur comportement, leur gestuelle, et -surtout- leurs dialogues, ont un thème de combat plutôt sympa.

Au niveau de la durée de vie, elle est égale à tout autre jeu Pokémon : Comptez un peu moins de 20 heures pour finir l’histoire principale et accéder au post End-Game du jeu, dont je laisse évidemment la surprise. End-Game que bien sûr je cache, mais certaines choses ne sont pas présentes comme le Parc Safari (en même temps, Alola est extrêmement diversifiée dans sa faune, on trouve autant de nouveaux que d’anciens) et notamment le PSS, très utilisé pour maxer certains stats cachées de nos Pokémon. Et là, c’est bien plus de 20 heures de jeu qui vous attendent : Remplir le Pokédex, trouver des Pokémon uniques…

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Pour le multijoueur, hormis la possibilité de toujours jouer en infrarouge, en ligne, d’échanger via une recherche, on dispose d’un hub, le Poké-Festival, où l’on peut accomplir des petites quêtes pour obtenir des crédits qu’on échange contre des récompenses. C’est pas très intéressant sauf pour récolter certains objets. Pokémon Soleil / Lune essaie de reprendre l’espèce de zone coopérative de Blanc / Noir, sans que personnellement cela me saute aux yeux comme un truc intéressant sur le long terme.

 

 

Machopeur, arrête d’être macho et de choper !

 

 

J’ai jamais encore eu l’occasion de faire une review d’un jeu Pokémon en article. C’est aujourd’hui le cas, et après avoir joué à Rouge / Bleu / Or / Saphir / Vert Feuille / Diamant / Heartgold / Noir / X / Rubis Oméga, voici le tour de la Septième génération, dans un épisode jouant à fond la carte de la Nostalgie (Forme d’Alola pour la 1G, Famille de Kanto…) y compris pour d’autres épisodes de la série que je vous laisse découvrir.

Pokémon Version Lune est un excellent jeu, et reste une version Pokémon dans la moyenne. Il y a du bon et du moins bon, mais ses dialogues (je m’en remettrai jamais), son aspect plutôt accessible pour de jeunes joueurs (malgré quelques moments ardus) et ses nouveautés que j’ai pas la place de toutes détailler en font une version indispensable. Non pas que je veuille faire cet article vite-fait, mais cette version vous réserve encore quelques surprises malgré les nombreux leaks ça et là, et je tiens à vous en préserver pour votre partie.

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Différentes régions, mais toujours le même choix, 20 ans après.

Au final, en 20 ans, Pokémon à t’il évolué ? Oui et Non. Mais dans ce constat mitigé, dans lequel y’a évidemment à redire (pas assez de dresseurs pour certains joueurs, et surtout l’impression que la surface explorable est faussement grande) j’ai pris plaisir à commencer une nouvelle aventure comme à l’époque, comme quand j’étais une petite tête blonde qui jetait ses premières Pokéball, réveillait un Ronflex avec une flûte, et mettait des dérouillées à la Team Rocket avec un Tortank du haut de mes 7 ans, avec une Gameboy Color et bon nombre de piles. Et pour ramener encore une fois ces bons souvenirs, merci Game Freak.

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