Edito – Le système PEGI est-il encore pertinent de nos jours ?

Bonjour et bienvenue pour ce premier édito qui sera consacré au PEGI.
Non, je ne vais pas parler de la Peggy des Muppets, mais du Système PEGI. Je ne suis absolument pas payé pour cette blague.

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Le PEGI. Mais oui, vous savez, ces petites cases autrefois monochromes, aujourd’hui colorées, que l’on trouve sur nos boîtes de jeux, auxquelles certaines personnes ne donnent aucune importance. Il est temps d’en parler aujourd’hui, en expliquant d’abord leur fonction, en les comparant ensuite avec des systèmes similaires existants, pour enfin déboucher sur la vraie question : Est-ce que ce système est aussi pertinent aujourd’hui, comme il l’était par le passé ?

 

Point 1 : Le Système PEGI

Le Système PEGI, dont l’acroynme signifie « Pan European Game Information », est un système de classification Européen inventé et utilisé pour la première fois en 2003 et qui est chapeauté par l’ISFE, l’Interactive Software Federation Of Europe.
Le but du PEGI est avant tout informatif, il apporte une information au consommateur sur le jeu en question.
Tout comme les films ont des « déconseillé au moins de [Insérer âge ICI] », le système PEGI s’adresse au consommateur en voulant l’aiguiller sur un jeu adapté non seulement à son age mais aussi à ses sensibilités.

En effet, le système PEGI comprend également des vignettes par thème, qui décrivent des éléments présents dans le jeu qui peuvent prêter à débat et qui peuvent être déconseillées.
Les thèmes concernés sont :

  • La Violence
  • Grossièreté de langage
  • La Peur
  • Le Contenu Sexuel
  • La Drogue
  • La Discrimination
  • Le jeu de Hasard
  • Le contenu En Ligne.

Avec cette classification d’âge et de thèmes abordés, le système PEGI se veut, du moins pour les jeux destinés à une sortie Européenne, être une information concrète et simple pour informer le consommateur. Leur site comprend d’ailleurs les dernières classifications PEGI pour les jeux.

Parlons maintenant de ce qu’il en est ailleurs.

 

Point 2 : La classification Américaine et Japonaise

Commençons d’abord par nos amis Américains, qui possèdent une classification presque similaire à la nôtre. Appellée l’ESRB, Entertainment Software Rating Board , elle accomplit le même rôle que le PEGI pour les Etats Unis et le Canada depuis 1994.

Elle possède une classification presque similaire avec des jeux déconseillés aux moins 3 ans, puis tout publics, puis déconseillés au moins de 10, 13, et 17 Ans.
Une petite différence apparaît néanmoins avec le Adults Only, qui non seulement déconseille les jeux au moins de 18 Ans, mais qui a pour effet de retirer les jeux marqués d’un tel sigle des étalages des magasins. Cela n’est pas une interdiction de mise en rayon toutefois, mais les grandes enseignes comme Best-Buy et Walmart le font.
Egalement, une pièce d’identité peut être demandée pour acquérir le produit, ce qui en fait une interdiction de vente, et non pas un conseil de vente.

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Notons aussi que le système ESRB met en place le « Rating Pending », qui est une attente de classification. Cela se voit surtout dans les premiers trailers d’un jeu, quand la classification n’est pas encore accomplie (Dans les salons de Jeux Vidéo, premiers extraits en exclusivité)

C’est un peu comme dans le cinéma quand on voit cette image, on laisse au spectateur le choix de visionner ou pas cela ; Sauf qu’au cinéma, généralement, les trailers sont tous classifiés.

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Aussi, avec le développement du Online, on voit des vignettes Partage d’information, Géolocalisation, et Interaction entre utilisateurs au dos de certains jeux en ligne.

En ce qui concerne les thèmes abordés, le système ESRB possède les mêmes thèmes que le PEGI mais les développe : Par exemple, les « drogues » sont précisées, à savoir s’il y a usage d’alcool, de drogues, ou de tabac. La violence, elle encore, est précisée, pour savoir si elle est animée, fictive, intense, ou a caractère sexuel.

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Plus d’infos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Entertainment_Software_Rating_Board

Abordons le cas Japonais, avec le système CERO (Computer Entertainment Rating Organization ), crée en Juin 2002.

Le système fonctionne ici par lettres, mais marche globalement de la même façon : A pour le tout Publics, B pour les 12 ans et +, C pour le 15 ans et +, D pour le 17 ans et +, Z pour le 18 ans et +, avec une pièce d’identité demandée pour l’acquisition du jeu.

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Pour les thèmes abordés, ils sont un peu différents, avec la Romance séparée du Contenu Sexuel, la Violence, l’Horreur, le Jeu d’Argent, le Crime, l’Alcool ou Tabac, la Consommation de Drogues, et le Language Grossier.

On au aussi comme l’ESRB une classification « en attente », mais également une classification pour les démos et pour les jeux à caractère Ludo-Educatifs.

Plus d’infos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Computer_Entertainment_Rating_Organization

Il existe aussi d’autres organismes de classification, qui peuvent également se « greffer » sur un système existant, comme le Departamento de Justiça, Classificação, Títulos e Qualificação (DJCTQ) fonctionnant de pair avec l’ESRB pour le Sol Brésilien ;

Le British Board of Film Classification (BBFC) pour la Grande-Bretagne fonctionnant de pair avec le PEGI ;

 

Enfin, je les ajoute ici, on a deux exceptions sur le sol Européen. J’ai dit précédemment que le PEGI s’adresse à la zone Européenne mais toutefois, la situation varie selon le pays et peuvent soit instaurer la classification PEGI dans leurs lois nationales, soit le compléter par des systèmes supplémentaires. Je vais prendre deux exemples importants :

Tout d’abord, l’Australie. Même si l’Australie est considérée comme faisant partie de la zone PAL (Européenne) pour les sorties de jeu, elle possède une classification personnelle, l’Australian Classification Board (ACB), active depuis 2006.

australian_classification_systemPlus d’infos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Australian_Classification_Board

 

On a également l’Allemagne, avec l’USK, pour Unterhaltungssoftware Selbstkontrolle, active depuis 1994.

german-uskPlus d’infos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Unterhaltungssoftware_Selbstkontrolle

Ces deux exemples sont pertinents car ces deux pays sont connus pour avoir censurés des jeux pour leurs violence : Gears Of War, Carmageddon, Manhunt, Hotline Miami 2 n’en sont que des exemples.
Par exemple, la classification Ma15+ en Australie est la classification maximum : Si le jeu est au delà de cette configuration, il est censuré et interdit de vente.

 

Point 3 : La pertinence du système PEGI.

Alors aujourd’hui, on peut se demander si le système PEGI est pertinent. On abordera si besoin est le cas des autres systèmes mentionnés.
Tout d’abord, la classification se fait en amont d’un jeu, et c’est le développeur qui envoie d’abord les éléments rentrant dans les thèmes abordés. Une seconde vérification se fait avant la sortie d’un jeu pour vérifier si la première classification est encore cohérente.

Déjà, on peut reprocher au PEGI le manque de précision comparé à l’ESRB.

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Mario-Kart

NFS Underground : Milieu Urbain, Course tuning, ambiance Fast and Furious, 3+.

Need For Speed 2015 : Milieu Urbain, ambiance Fast and Furious, Poursuites policières, 12+.

Blur : Courses avec Voitures, usage d’armes fantaisistes et irrationnelles comme des projectiles d’énergie, éclairs : 7+

Forza Horizon 2 : Course en monde ouvert, a mi chemin entre simulation et arcade, 7+.

Mario Kart Wii : Courses en Kart dans des mondes colorés, armes imaginaires pour gagner, 3+

 

Deuxièmement, la classification PEGI ne prend pas en compte les jeux destinés uniquement au marché PC. En effet, un jeu multi supports aura une classification PEGI présente sur la page du magasin Steam, et pas celle d’un jeu exclusivement PC.

Deux exemples avec des pages Steam :

Need For Speed Shift, sorti sur consoles et PC : http://store.steampowered.com/app/24870/

Path Of Exile, sorti uniquement sur PC : http://store.steampowered.com/app/238960/?l=french

En faisant dérouler la page, sur la droite, la classification apparaît ; Sur le second cas, qui est une exclu PC, le macaron PEGI n’est pas présent.

Troisièmement, l’impact du système PEGI est assez limité, et s’en remet au jugement du consommateur. Quand l’ESRB et le CERO permettent des restrictions de vente aux mineurs, le système PEGI, lui, est un système qui reste délibérément dans une case de conseil.
Ayant bossé dans l’animation, j’ai été surpris de voir un enfant de CP dire qu’il jouait à GTA V et Mortal Kombat X. Mais j’ai été aussi surpris de voir un père de famille à la FNAC se renseigner sur un jeu et les thèmes abordés en compagnie du vendeur. Je ne ferai pas de sous-débat sur l’éducation et les parents responsables, mais il est tout de même important de pouvoir adapter l’acquisition d’un jeu selon l’âge du joueur en question, ce que le PEGI ne permet pas en France.
Après, rien n’empêche un majeur d’avoir le jeu et d’y laisser jouer une personne plus jeune, mais ça fait aussi partie des responsabilités de chacun et c’est en dehors de notre débat.

 

Quatrièmement, en réponse au point précédent, les médias d’aujourd’hui, qu’il s’agisse de la télévision, ou encore du cinéma, ont opéré au fil du temps un certain relâchement sur l’accession à un contenu violent : La violence est chaque jour un peu plus présente sur nos écrans que dans les comportements de chacun, et hors-JT, elle peut apparaître sous forme physique, psychologique, parfois sublimée, parfois décriée…
Cela vaut aussi pour d’autres termes comme le sexe par exemple. Mais tout cela tend à rendre certaines choses moins « tabou », a charge comme à décharge, et en reprenant mon exemple du gosse de CP jouant à GTA V, est-ce vraiment ça qui va le choquer en premier dans sa vie ?
Est-ce que d’autres choses, en dehors du jeu vidéo, dont il a pris connaissance (sans forcément le comprendre), étaient inadaptées ?
Quoi qu’il en soit, le système PEGI est une recommandation mais cela n’empêchera pas un public pourtant « déconseillé » de passer en caisse. Après, ceci est une sorte d’accord implicite entre le média et le joueur, ce dernier agissant en connaissance de cause pour accepter ce que le jeu en question lui montrera.
Après, demander un tel raisonnement à un bambin, nourri chaque matin aux dessins animés, sur la scène de torture de GTA V, attendre de lui qu’il se demande s’il à l’âge pour ça, c’est loin d’être aisé, l’enfant voudra surtout se la raconter auprès de ses camarades de classe.

 

Cinquièmement, pour en revenir au parents, ces derniers sont parfois assez démunis et mal informés sur un jeu. Ou alors, pour les plus fermés, ils écoutent les litanies de Pujadas sur son caractère criminogène car un quidam n’a pas su différencier réalité et Fiction.
Ce n’est pas tous les parents qui lisent des tests de jeux vidéo, et qui lisent le PEGI. Quand un enfant achète un jeu vidéo, c’est souvent un Parent ou un Grand Parent qui veut faire plaisir. Il achètera un jeu, comme il achèterait un jouet. Or, entre le jouet qui te fait assembler des briques et celui qui est un mini simulateur de vie criminelle, il y a une énorme différence.
C’est par ce propos que je conclurai cet édito, en invitant les parents a être un peu plus renseignés sur le sujet en invitant à lire le PEGI et / ou des tests sur le jeu. Car, après tout, même si le PEGI est une recommandation pour le joueur, elle s’adresse avant tout aux parents, afin d’apporter un produit adapté pour son enfant.

J’espère que cet édito vous a plu, n’hésitez pas à commenter de manière constructive sur ce contenu et vous abonner si cela vous dit. J’espère en faire de nouveaux assez vite 🙂

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Un commentaire sur « Edito – Le système PEGI est-il encore pertinent de nos jours ? »

  1. Pegi qui met Poképark 2 sur Wii en +7 c’est bizarre, il faudrait peut-être un peu revoir la classification en se basant sur les autres pays qui m’ont l’air plus équilibrés.

    Après le souci vient de non encadrement des parents. Le jeu vidéo est encore vu comme quelque chose de sans importance par certains parents qui ne contrôlent pas ce que leurs enfants peuvent voir ou incarner (ça marche pour d’autres domaines comme le cinéma, mais c’est déjà plus encadré).

    Je pense que ça dépend de chaque enfant et de sa perception. Certains enfants vont être plus sensibles que d’autres. C’est là que les parents devraient intervenir pour voir si le jeu convient à leur gamin. Donc au final, c’est un peu compliqué de trouver une classification pour tout le monde, parce que certains vont être choqués là ou d’autres non.

    Sinon c’était intéressant et bien documenté. Voilà.

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