Test – Persona Q: Shadow Of The Labyrinth

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Persona Q est, pour le moment, le seul jeu de la licence SMT : Persona chez Nintendo. Ici, c’est donc la branche spin-off étudiante et social sim qui débarque, en faisant un double crossover : Non seulement le casting des épisodes 3 et 4 Golden sont réunis (avec un duo exclusif au jeu), mais également Etrian Odyssey, car les mécanismes de jeu sont ceux de cette licence de dungeon RPG exigeante qui comporte quelques jeux sur DS / 3DS.

Alors, s’agit t’il d’un Etrian Odyssey avec un skin Persona (en chibi) pour le fan-service ? Pas totalement.

Enter the Demon-geon

Même si le jeu vous demande quelle équipe choisir pour le jeu (la S.E.E.S de Persona 3 ou l’Investigation Team de Persona 4 Golden), et que l’autre moitié du casting non choisi vous rejoint après le premier donjon, l’histoire reste la même :
Les deux groupes, après avoir été invoqués d’urgence dans la Velvet Room (chambre pour créer des invocations), ont été happés dans un endroit loin de toute réalité, qui prend place dans un lycée (Yasogami High, le lycée de P4) où se déroule un festival. Alors que l’équipe de Persona 3 se demande ce qu’elle fait là, l’équipe de Persona 4 s’étonne encore plus que leur lycée ait pris cette forme, avec l’ajout d’une tour avec une grande horloge dans la cour.

Les deux équipes s’allient et font la rencontre de Zen et Rei, un homme mystérieux et une jeune fille tous deux amnésiques, cherchant à retrouver leurs souvenirs, secrètement gardés par des « Gardiens » se trouvant dans des labyrinthes infestés de démons. Et comme par hasard, aider ce duo est lié au retour dans les mondes respectifs des deux groupes.

Le scénario, même si je prends l’effort de l’expliquer un peu, n’évolue pas plus que « ça » jusqu’au quatrième Labyrinthe (disons Stratum si l’on veut reprendre le langage d’Etrian Odyssey) et sera mon gros point noir de ce jeu. En fait, jusqu’a ce point là, on enchaîne les labyrinthes avec un fil rouge narratif assez mince. C’est un peu dommage.

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Toutefois, l’intérêt du jeu est de voir comment SMT : Persona et Etrian Odyssey ont fusionné pour donner ce jeu. Ces deux licences phares d’Atlus ont plutôt bien réussi (contrairement à Fire Emblem x Shin Megami Tensei pour lequel j’ai de fortes appréhensions). Si vous n’avez jamais joué à un Etrian Odyssey, ce jeu peut vous servir de bonne « introduction » au système spécifique de ce dungeon crawler (ce qui m’a poussé d’ailleurs à acquérir un épisode d’Etrian Odyssey car j’aimais le style.)

Il s’agit donc de labyrinthes dont vous devrez dessiner la carte sur l’écran tactile (avec une interface pratique), où chaque étage est rempli d’ennemis (et d’ennemis très puissants à fuir, les F.O.E), d’énigmes, de trésors.
Les combats sont au tour par tour, et l’on choisit les coups de tous ses persos avant d’attaquer.
Les personnages sont divisés sur deux rangs (Front and Back), utile pour protéger ceux faisant de l’attaque à distance tout en laissant les persos « physiques » au premier plan. Le système de faiblesse de Persona revient, et cela n’octroie pas un coup gratuit mais un « Boost » qui octroie l’initiative et un coup qui prend aucun Point de Vie / Point de Magie pour le prochain tour, sous réserve que l’ennemi ne le tape pas entre temps.

L’All-Out Attack est également présente (tous les persos chargent quand tous les ennemis sont immobilisés), ainsi qu’un système de « Support Skill », une jauge augmentant au fil des coups portés, qui peut se remplir jusqu’a 5 points, les points pouvant être dépensés par le « Leader » (Perso principal de l’équipe choisie) pour des sorts de soutien (Soin, etc…)
En parlant de Sorts, le scénario justifie l’absence des Social Links et laisse place à un système dénué de celui-ci, où les Personas sont gagnés par fusion / combats, on peut également sacrifier deux Personas pour faire XP une troisième, ou faire un sacrifice pour extraire un sort qu’on apprendra à une autre Persona.

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Notons également que TOUS les persos (excepté Zen et Rei) ont une Persona et une Sub-Persona interchangeable, donnant un maximum possible de 14 sorts par personnage, apportant au passage un bonus variable aux stats de Vie et de Magie. Ces mécanismes tout nouveaux se marient très bien avec cette licence, et le résultat est très bon. Même si la difficulté est moindre par rapport à Etrian Odyssey et qu’elle est comparable à celle d’un Persona (Qui est moyennement difficile par moments), le challenge sera présent, mais ne changera pas les habitudes de ceux ayant joué à l’une ou l’autre des licences.

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Même si la 3D est très accessoire (comme beaucoup de jeux 3DS), le rendu est parfait sur de la 3DS, même si le déluge de couleurs ne plaira pas forcément. Qu’importe, les donjons sont assez variés dans leur thème, quitte à paraître moins menaçants que ceux de Persona 3 ou 4.
Même si la direction graphique a certes pris le pari du chibi dans un monde coloré et d’apparence enfantine. Ca pourra rebuter certains, mais ce n’est qu’un habillage cachant un jeu qui n’a rien d’un dessin animé niais, ne serait-ce que pour quelques énigmes retorses.

Signée par ceux officiant sur les soundtracks de Persona 3 et 4 (Lotus Juice et Shoji Meguro), la bande son remplit tout à fait son rôle et nous donne de bonnes musiques, même si elles sont moins « marquantes » que celles des opus canoniques de Persona. Il s’agit là d’un spin-Off Dungeon Crawler qui est en mode fan-service certes, mais rien n’a été laissé au hasard.

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Entre l’exploration des donjons, la quête des Personas pour avoir un compendium à 100%, les requêtes d’Elizabeth, et les phases de dialogue parfois cocasses où les deux groupes se rencontrent et partagent, vous en avez minimum pour 50h.
J’approche des 60 en étant à la toute fin du jeu, et même si l’exploration et le challenge sont là, la trame narrative un peu creuse et la répétition (le problème des dungeon crawler) peuvent freiner. J’avoue avoir décroché en route (pour jouer à autre chose) à cause de ces points.

Pour le reste, des DLC gratuits / payants existent pour obtenir des Sub-Personas et des voix « guides » dans les donjons. StreetPass permet d’envoyer une invocation d’aide à user en combat, comme dans Bravely Default. C’est tout.

Un Labyrinthe adorable

Le jeu du fan-service assumé et réussi, où deux mondes différents se rencontrent : Entre les lycéens affrontant la fin du monde dans une ambiance morbide constante, et ceux poursuivant un tueur mystérieux agissant dans une réalité où les pensées refoulées des humains sont exacerbées à l’extrême.

Le tout, dans un habillage adorable, avec deux nouveaux persos plutôt attachants, dans un dungeon crawler loin d’être inaccessible, mais parfois exigeant.
Une très bonne pioche, qui comme mentionné précédemment peut vous initier au Dungeon Crawler grâce aux Personas et au système « Boost » qui vous seront d’une grande aide. Que vous aimez Persona ou Etrian Odyssey, essayez-le.

Ce n’est pas tous les jours qu’on a un projet ambitieux et viable qui paraît chez nous, avec une localisation anglaise excellente et une durée de vie conséquente. Mais hélas, qui aurait gagné à avoir un scénario un peu plus étoffé qui motive le joueur plus tôt.

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