Test- Catherine

catherine

Ah, les femmes. Etres gracieux, élégants, et pleins de charme.
C’est dans cette atmosphère féminine et plein de sentiments que se déroule Catherine. Un homme, deux femmes, des cauchemars complètement dérangés, des cinématiques, un bon scénario.
Le tout dirigé par l’équipe en charge des Persona 3 et 4, dans une ambiance qui s’en rapproche presque.

Ne prêtez pas attention à la prétendue réputation érotico-pornographique du jeu, qui n’existe tout simplement pas et qui a été inventée par des béotiens qui offrent volontiers les ouvrages de E.L. James à leur gagneuse personnelle; ou par des copines trop protectrices et apeurées.

Si ce jeu s’est attiré le « buzz » par sa protagoniste blonde court-vêtue, l’intérêt est tout autre, avec un vrai message en fond. Non il n’y a pas de seins visibles ou de sexe. Oui, il y a du sang. Une atmosphère romantique. Teintée d’un climat étrange et surnaturel. Et dont la difficulté pourra parfois rebuter.

50 Shades Of Blood

Le jeu nous fait suivre les évènements, présentés comme une série Télé dont l’hôte, Trisha, une femme à la coupe Afro digne d’Elite Beat Agents, qui nous demande d’être attentif à chaque élément, chaque choix, et chaque situation.

Cette recommandation passée, nous suivons les aventures de Vincent Brooke, 32 Ans, en couple depuis un certain temps avec Katherine McBride, du même âge. Ces trentenaires arrivent alors à un âge où certaines responsabilités doivent être prises, et Katherine semble déterminée à passer le cap du mariage et fonder une famille. Ce qui n’est pas le cas de Vincent, qui semble vouloir prendre son temps, et qui demeure assez passif.
Sa vie oscille entre boulot, entrevues avec Katherine (ils résident à part) et le Stray Sheep, un bar ou Vincent se réunit avec ses potes d’enfance, discutant de tout et n’importe quoi, entre deux doses de saké et quelques clopes.

Un beau soir, alors que Vincent est légèrement ivre, une jeune demoiselle, Catherine, une jeune femme séduisante « attirant l’attention ou qu’elle soit », s’asseoit auprès de lui. Discussion, alcool aidant, une main qui dérape, un baiser volé…
Le lendemain, Vincent se réveille chez lui…avec Catherine à ses côtés. Relation adultère, il devra alors jongler entre ces deux femmes…alors que ses nuits sont hantées par des cauchemars, où il doit grimper des murs de blocs en compagnie de moutons, et affronter certaines de ses peurs exacerbées par les cauchemars.

Entre ces cauchemars, ces deux femmes, Vincent va devoir prendre des choix, se décider…Alors qu’une mystérieuse série de décès à lieu en ville, dont la cause est inconnue.
Le scénario, plein de tension, de retournements de situation, d’instants ou Vincent affronte ses craintes (peur d’être père, du mariage), saupoudré des nombreuses questions posées dans le confessionnal durant ses cauchemars, et du mystère planant sur Catherine, est très bien fichu. Chaque personnage est bien développé, possède son histoire, même qu’il s’agisse de la barmaid du Stray Sheep, du Patron du bar, ou encore d’un « mouton » de son cauchemar.

Du début à la fin, on se demande ce qu’il arrivera à notre « héros », comment il arrivera à se sortir de ce sac de nœuds, et quelle sera la conséquence des choix accomplis. A ce titre, sachez qu’il existe 8 fins, allant du Mariage au célibat avec supplément Paranoïa. Et avec le recul, ce jeu aurait tellement pu être en format épisodique.

fff

Le jeu se déroule en jours (qu’on pourrait appeler chapitres) :
Chaque journée est une scène d’animation / moteur in-game, avec un rendu animé très correct. Nous suivons les pérégrinations de Vincent, son quotidien, en vivant toutes ses pensées.
Le soir, au Stray Sheep, vous pourrez discuter à des personnages, jouer à une borne d’arcade, lancer le jukebox (avec de bons morceaux inside), ou discuter en picolant avec vos potes. Sachez que l’alcool améliorera votre vitesse lors des cauchemars.

Vous pouvez aussi consulter votre portable, répondre au message, ou ouvrir certaines pièces jointes…en privé.
Mais c’est lors des nuits que le gameplay apparaît vraiment.
On est en présence d’un jeu de réfléxion, ou Vincent doit déplacer des blocs pour se hisser en haut d’un mur et parvenir à s’enfuir du cauchemar. Blocs piégés, ennemis, tout y est, et il faudra faire preuve de réactivité et de réflexion pour sauver vos miches. Car les boss, eux, seront sans pitié.

Qu’il s’agisse d’une mariée voulant vous embrocher avec une fourchette, d’un bébé mécanique hurlant « Daddy » en voulant vous tronçonner, ou d’une masse difforme formée de contours féminins et d’éléments anatomiques placés de manière révulsante qui veut faire de vous son apéritif, la difficulté est au rendez vous dans Catherine. La difficulté est matérialisée par le nombre de « vies », qui est défini pour l’ensemble du jeu. Perdez les toutes et vous recommencez le chapitre..ou le jeu entier si vous êtes en difficile.

Entre ces cauchemars, un confessionnal vous attendra, avec des questions de réfléxion sur les thèmes touchant au mariage, à la vie de couple, ou aux sentiments. Pas de bonne ou mauvaise réponse, chaque réponse fera fluctuer une aiguille entre un côté Rouge ou Bleu. Vous ne saurez qu’a la fin ce qu’est cette statistique.

Love Or Lies

Signé Shijenori Soejima, qui a déjà accompli le chara design des Persona, les graphismes rendent très bien, et le moteur in-game possède un rendu passant plutôt bien, qui sera « réutilisé » pour Persona 5.
A noter les cinématiques nous donnant l’impression de regarder un anime par moments. En fait, Catherine à un peu le syndrome Metal Gear Solid : Plus de cinématiques que de jeu. Mais cela ne gâche en rien l’expérience proposée.

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Pour la bande son, signée Shoji Meguro, les thèmes oscillent entre de la pop, des thèmes d’ambiance prenants, ou des versions remixées de morceaux classiques de toute beauté lors des cauchemars.
Petit easter egg : Jouez au jeu et débloquez les différentes fins et finissez avec des modes de difficulté différents pour débloquer des musiques d’autres jeux Atlus. D’ailleurs, les décors fourmillent de références à Persona 3 et 4.

Bloody Mary

Comptez une dizaine d’heures environ pour finir le jeu. Le jeu dispose de 8 fins, qui dépendront de tous les choix que vous avez pris durant le jeu.
Les fins varient totalement mais la ligne directrice du scénario demeure : L’impact se ressent sur la fin et sur les sms envoyés / reçus. A ce titre, la fidélité et la gentillesse paie souvent, et les images peuvent varier selon vos choix…

Une fois le jeu fini, vous débloquez le mode « Babel », qui vous permet à vous et à un autre joueur de grimper seul ou en co-op une tour infinie. Plusieurs modes de difficulté sont prévus, et il s’agit essentiellement d’un scoring.

Des leaderboards sont présents. On note également des statistiques de réponses données au confessionnal (X % ont choisi la même réponse que vous)

A Wet Nightmare

Autant je suis un fanboy de la licence Persona, autant ce jeu, une fois sorti, m’a laissé au demeurant assez perplexe. Je craignais pour la durée de vie, et la répétitivité du jeu.
A cela je réponds : Oui, le jeu est répétitif. Oui, il peut paraître court.

Mais cela ne m’a pas tant gêné. Au final, j’ai pris ce jeu comme une « série », et je faisais un chapitre par jour. Les séquences de jeu, entrecoupées de dialogues, de questions, de réflexions sous-jacentes sur la fidélité, la vision du couple actuel, le véritable passage à l’âge adulte par la prise de décisions et de reponsabilité, et les aspects exacerbés de l’infidélité, illustrés par une nymphe « idéal » de Vincent, des craintes et des mensonges, et une peur de ces cauchemars qui semblent suivre sa vie…

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Au final, Catherine ne vaut peut être pas d’être acheté plein pot. Mais il a le mérite, toutefois, d’être intéressant à faire, en couple ou seul, afin de suivre cette histoire qui se développe au fur et à mesure, et qui explose dans un climax final dont vous assisterez à la conséquence directe de vos actes. Je ne peux que le recommander et ce n’est pas par pure subjectivité. Malgré ses phases de gameplay qui ne plairont pas forcément, vous jouez à un jeu avec une histoire bien écrite de bout en bout.

Et qui sait, peut-être que les questions posées vous feront réfléchir…

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