Test – Muramasa Rebirth

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Muramasa : The Demon Blade est à l’origine un jeu Wii, sorte de beat-em-all se déroulant à l’ère des shogun et de nombreuses légendes. Et tout comme Odin Sphere que je testerai plus tard, Muramasa à eu droit à un remake. Ou devrais-je dire plus une ressortie, agrémentée en plus de contenus supplémentaires non présents sur Wii. Plongeons alors dans le Japon, tel qu’illustré par les génies de Vanillaware.

 

夢のシナリオ

 

Tout d’abord, le jeu nous propose deux histoires distinctes, celle de la Princesse Monohime, et du Ninja Kisuke. Tous deux vont manier les épées de Muramasa, réputées enchantées mais aussi démoniaques, et causant la perte de contrôle de leur possesseur. Mais nos deux héros sont rompus au maniement du style Oboro, hérité des démons, qui leur permet de contrôler cette puissance.

Monohime se retrouve possédée par l’esprit d’un criminel malgré elle, et va trouver de quoi libérer son corps, en la forme d’une épée qu’elle devra retrouver pour ramener son âme dans son corps. Elle est accompagnée par Kongiku, une prêtresse à queue de Renard qui l’aidera à travers un Japon imaginaire, teinté de mythes et légendes.

Kisuke, un ninja qui s’est retrouvé amnésique, est accusé malgré lui d’avoir trahi son clan et assassiné des ninjas qui étaient autrefois ses alliés. Dans sa quête de réponses, il va prendre part malgré lui à un conflit opposant une princesse ramenée des morts au shogun d’un état voisin.

Deux histoires, des personnages qui se rencontrent sans que ce soit complètement entrecroisé : Muramasa Rebirth est très complet, pas aisé à comprendre dans ses phases narratives, mais plutôt passionnant. Toutefois, j’ai moins accroché aux histoires proposées que Dragon’s Crown, par exemple.

 

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Le jeu est assez simple à jouer : Un coup fort ou faible, possibilité de se protéger et de faire des esquives, et des coups / combos différents si l’on utilise un sabre court ou un sabre long. C’est extrêmement nerveux, rapide, et l’on dispose de la capacité de changer de sabre à tout moment, d’un simple appui sur Triangle. Les épées disposent toute d’une jauge d’usure, qui se réduit à force de garder, ou en utilisant le pouvoir spécial d’une épée. Attaque verticale, dash avant tranchant, attaque en vrille…chaque épée dispose de son attaque propre, et aucune épée ne ressemble à une autre.

Le jeu prend le parti d’une exploration 2D où l’on navigue de tableau en tableau pour voyager dans le monde ; L’action passe en mode « arène fermée » quand des ennemis apparaissent. Esquiver, attaquer, user des pouvoirs de son épée est la clé pour s’en sortir, surtout que la difficulté normale (Chaos) est parfois loin d’être permissive, et bien réagir aux coups peut vous sauver la mise plus d’une fois. Combien de fois un shuriken ou un ninja bien fourbe à mis fin à mon personnage.

Muramasa est donc un peu moins loti qu’un Dragon’s Crown par exemple en ce qui concerne les coups disponibles, mais est bien plus nerveux et rapide une fois le sabre dégainé. On pourrait croire que l’on joue a MGR Revengeance en 2D tellement l’action ne faiblit pas et que l’impression de puissance de notre perso (tout comme sa fragilité si l’on fait pas attention) se fait sentir.

Notre personnage pourra également forger de nouvelles épées en récoltant les âmes des ennemis, qui servent de « monnaie » au dieu forgeron Muramasa pour créer de nouveaux sabres, et l’épée employée à la fin peut changer le final de l’aventure. Hélas, je n’ai pas exploré cette possibilité. On peut gérer l’équipement, ainsi que cuisiner des mets qui viendront booster notre personnage. C’est dans l’ensemble un peu plus minimaliste que Dragon’s Crown, mais l’intérêt vient surtout du monde proposé, bien plus vaste et vivant.

 

カタナでの虐殺

 

Vanillaware nous prouvent, encore une fois de plus, que ce sont des bourrins quand il s’agit de faire de la 2D dessinée sans que ce soit du pixel art. Chaque plan, chaque personnage, chaque décor est une œuvre. Couplée à l’ambiance japonaise très respectueuse des légendes et croyances présentes dans cette culture, tout l’univers de jeu est immersif, et vous tiendra en haleine quelque soit le personnage employé.

Il m’a fallu environ 9h pour finir l’histoire d’un personnage ; Comptez donc un peu moins de 20h pour finir les deux histoires, et encore, en faisant de la ligne droite. Obtenir la vraie fin vous demandera plus de temps. Mais ces heures sont un voyage en pleine ère japonaise où tout est respectueux de la culture traditionnelle nippone. Et encore, comme dit précédemment, si la fin obtenue a été obtenue avec la bonne épée, qui régit la fin obtenue.

 

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La musique, tout comme les effets sonores, sont réussis. Je me répète encore, mais la musique illustre parfaitement cette fable empreinte de légendes, de tragédies, et de sabres. Quand une musique calme, avec quelques sonorités traditionnelles que l’on croirait sorties d’un duel au sabre de yakuzas, annoncent un certain calme avant un boss coriace, c’est juste prenant. Tout comme les voix, obligatoirement japonaises, qui permettent d’apprécier avant et après chaque boss quelques dialogues d’ambiance.

 

La version PsVita à connu quatre DLC, qui sont quatre histoires inédites. D’une durée de vie égale à celle de Kisuke ou de Monohime, elles comprennent chacune une histoire distincte, un personnage nouveau, et un style de combat propre au personnage.

The Fishy Tale of the Nekomata raconte l’histoire d’une jeune fille assassinée par deux bandit sous sa chatte de compagnie. Cette dernière va la venger en prenant possesion de son corps et en la transformant en Nekomata, une femme-chat. S’ensuit une quête de violence pour combattre les responsables de cette tragédie, et ceux qui les gouvernent.

A Cause to Daikon For nous fait vivre une révolte paysanne de quelques ouvriers agricoles qui décident de se révolter contre le pouvoir pour les taxes abusives que ces derniers supportent. C’est drôle, un peu plus léger, et nos forçats de la terre sont agréables à accompagner.

Spirited Seven Nights’ Haunting raconte les mésaventures d’un ninja, qui se rend compte que son dernier contrat n’est autre que tuer son père. Une fois le mal fait, il est maudit par une déesse, qui lui laisse que sept jours à vivre, mais l’accompagnera également pour qu’il puisse régler ses comptes.

Hell’s Where the Heart Is conclut ces DLC avec un mariage improbable entre un jeune homme que l’on incarne, et sa dulcinée, qui n’est autre que la jeune fille du seigneur des Enfers. S’ensuit un « road-trip » dans tout le pays, afin de finaliser leur mariage assez insolite…

 

いいが遠いです

 

Muramasa Rebirth est assez spécial. Tout comme ce jeu est beau, complet nerveux, et réussi musicalement, son scénario est parfois difficile ou pas très entraînant pour le comprendre, le rythme pourra paraître lent, et les personnages sont pas énormément développés en dehors des personnages principaux.

C’est peut être voulu, qui sait. Tout le jeu sonne comme une fable, comme une légende japonaise prenant vie sous nos yeux avec des personnages disposant tous de leur épopée qui les fera grandir et se surpasser.

Mais quoi qu’il en soit, malgré ces légers défauts scénaristiques qui pourront parfois vous faire décrocher, Muramasa est à essayer. C’est énormément respectueux des matériaux d’origine ayant inspiré tout cet univers, et même si une grosse partie du jeu consiste à faire des aller-retours vers les différentes zones du jeu avec des combats au milieu, toute l’aventure est un portfolio de panoramas japonais savamment bien réalisés.

Alors que Vanillaware à fait des jeux se basant sur la « fantasy » d’inspiration occidentale, ils nous prouvent avec Muramasa Rebirth que le Japon au temps des samouraïs n’a également plus aucun secret pour eux.

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